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Le coup d’Etat
lundi 4 décembre 2006
par toutsurlechili
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Il n’en aura pas le temps. Le 11 septembre 1973 à 9 h du matin, le palais présidentiel est attaqué par des militaires sous le commandement de Pinochet. Ceux-ci font à Salvador Allende une proposition : un avion l’attend lui, sa famille et ses proches collaborateurs, pour les faire sortir du pays. Allende, fidèle à son intégrité, refusera tout net.

palais de la Moneda Il mourra les armes à la main, non sans s’être adresser une dernière fois à son peuple dans un discours extrêmement émouvant qu’on peur lire aujourd’hui sur sa tombe.

Au soir du 11 septembre le palais de la Moneda, criblé de balles, bombardé, ravagé par le feu n’était plus qu’un carcasse éventrée et calcinée.

La junte militaire, dirigée par Pinochet, est composée des commandants en chef des trois armées et du chef de la police. Soutenue par la droite et le centre, elle va s’imposer grâce à une répression féroce. Elle dissout le congrès national, les conseils municipaux, les syndicats et les partis politiques. La liberté de la presse est abolie, le couvre feu instauré. Tout ce qui est littérature de gauche ou publication du gouvernement est brulé en place publique. Des milliers de Chiliens sont arrêtés, torturés, déportés, exécutés. Bien qu’on ne dispose pas de statistiques sur les méfaits de la dictature, et pour cause, on arrive aujourd’hui à certaines estimations. Les chiffres sont éloquents : 50 000 morts, 400 000 personnes emprisonnées, 1 million d’exilés (c’est à dire 10 % de la population d’alors) dont un « noyau dur » de 160 000 exilés politiques.

Le gouvernement militaire confie la gestion économique du pays aux Chicago’s Boys, technocrates formés aux Etats-Unis. Ceux-ci appliquent une politique ultra-libérale, prônant la privatisation et la non-intervention de l’Etat. Dans un premier temps l’inflation chute de manière significative, la consommation intérieure est freinée et les importations diminuent. Mais le coût de ce « succès » est énorme : baisse de plus de 14 % du PIB, chômage de presque un tiers de la population active, dévaluation, crise du système bancaire, endettements généralisé des grandes entreprises.

En 1982, la crise économique engendre une crise politique. Les Chicago’s Boys sont remis en question par l’oligarchie chilienne, mais soutenus par la junte militaire qui craint un retournement social.

Devant l’ampleur du désastre, le gouvernement décide de prendre en charge les dettes contractées à l’extérieur par les principaux groupes économiques du pays. L’Etat devient, pour un temps, le principal propriétaire privé. Basculant d’un extrême à l’autre, on assiste à l’étatisation presque totale de l’économie chilienne.

Entre 1985 et 1989, le processus de conversion de la dette extérieure, l’intervention étrangère directe, la privatisation à outrance (y compris du système de protection social, des universités, du téléphone, etc.) vont modifier considérablement la scène économique. Les nouveaux acteurs, et les plus puissants, en sont maintenant les groupes économiques d’origine transnationale.

Devant la pression internationale et les critiques acerbes de ses partisans d’autrefois Pinochet va tenter, à partir des années 1985-1986, de donner une image plus humaine de lui-même et de son régime. Après 15 ans de clandestinité, les partis politiques sont invités, en 1987, à revenir à la vie publique, pratiquement tous les exilés politiques sont autorisés à rentrer, y compris la veuve d’Allende. L’étau de la censure va se desserrer et un plébiscite est organisé en 1988 proposant la prolongation de la présidence d’Augusto Pinochet jusqu’en 1997. A la grande surprise de ce dernier, 55 % des Chiliens vont répondre « non ». IL sera alors tenu d’organiser des élections présidentielles en 1989.

Trois candidats vont s’affronter : Patricio Aylwin, politicien démocrate-chrétien, candidat de l’opposition unie du centre à l’extrême gauche, Hernan Büchi, ancien ministre des finances de Pinochet et surprenant dauphin du dictateur, et Francisco Errazuriz, brasseur d’affaires saisi par la politique en 1982 lors de la crise.

Patricio Aylwin C’est Aylwin qui sera victorieux avec 55,2 % des voies contre 29,4 % pour Büchi et 15,4 % pour Errazuriz. Le gouvernement qu’il forme en mars 1991, « gouvernement de transition vers la démocratie », a avant tout pour mission de libérer les institutions de leur carcan autoritaire et de préparer les véritables élections de décembre 1993.

Un pas important en ce sens a été fait avec l’organisation des élections cantonales du 28 juin 1992. Les dernières avaient eu lieu en 1971 et durant tout le temps de la dictature les maires des communes étaient désignés par le pouvoir exécutif. 7 millions d’électeurs se sont rendus aux urnes et le taux d’abstention a été extrêmement faible (11 % seulement). La Concertacion, coalition anti-Pinochet allant des socialistes aux démocrates-chrétiens, a démontré qu’elle était toujours majoritaire après deux ans au pouvoir avec 53,25 % des voies. Le Parti communiste a obtenu 6,6 % des votes. Mais les partis de droite avec 29,67 % des suffrages obtiennent un score bien meilleur que celui qui leur était accordé par les sondages.

Aux élections de 1994, Edouardo Frei, chef de la démocratie-chrétienne, remplace Patrico Aylwin à la tête de la présidence. Le 10 mars 1998, Pinochet quitte son poste à l’armée qu’il occupait depuis 1990 et devient sénateur à vie.

A la demande de deux juges espagnols, ce dernier est arrêté dans une clinique londonienne le 16 octobre 1998.

Les élections qui se sont déroulées en 2000 ont donné le siège de président de la république à Ricardo Lagos Escobar.

Depuis le 15 janvier 2006, Mme Michelle Bachelet est la présidente du Chili.

 


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