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Le Chili préhispanique
lundi 4 décembre 2006
par toutsurlechili
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Les préhistoriens s’accordent à penser que les populations primitives du continent américain étaient d’origine asiatique. Les premiers humains seraient arrivés, par vague successives, passant de l’Asie à l’Amérique par la région du détroit de Behring, alors à sec.

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Eglise de San Pedro d’Atacama

On situe le début de cette migration aux alentours de 50 000 av J-C. Chaque nouvelle vague de migrants poussant la précédente un peu plus au sud, la terre chilienne ne reçut ses premiers habitants qu’en 10 000 av J-C. C’est à San Pedro de Atacama qu’on a retrouvé les vestiges les plus anciens, alors que la région centrale et la Terre de Feu paraissaient n’avoir été peuplées plus tardivement. Ces tribus, vivant tout d’abord de la cueillette, de la chasse ou de la pêche maîtrisèrent peu à peu l’agriculture et l’élevage, sauf les ethnies de l’extrême sud du pays.

C’est au nord du pays que se développa, au début du premier millénaire, la civilisation la plus élaborée, celle des Atacameños. Malgré l’aridité de la région, ceux-ci conçurent des systèmes d’irrigation leur permettant la culture en terrasses, principalement du maïs, du haricot et de la pomme de terre. Ils possédaient des troupeaux de lamas qu’ils utilisaient pour le transport, mais dont ils mangeaient aussi la viande et tissaient la laine. Ils vivaient dans des maisons de pierres, regroupées en citadelles. La poterie qu’ils produisaient, ainsi que les tissus, sont d’une grande finesse et on y distingue nettement l’influence de Tiahuacano. Le commerce avec les autres tribus du nord fut l’un des facteurs importants du développement de la culture atacameña.

On sait peu de chose de leur langue, de leurs croyances et de leur mode de vie car, à l’arrivée des Espagnols, 70 ans de domination inca avaient dilué la culture propre à la région.

En revanche, on est beaucoup mieux renseigné sur les Mapuches qui étaient, de loin, les plus nombreux et occupaient un vaste territoire allant de la région centrale à l’île de Chiloé. Ils ne formaient pas une société structurée, mais vivaient par clans, indépendants les uns des autres, chaque clan étant sous la direction d’un cacique (1). En temps de guerre seulement, plusieurs clans se regroupaient sous l’autorité d’un toqui (2) qui perdait ses privilèges une fois la paix revenue.

Ils pratiquaient la culture sur brûlis, ce qui les obligeaient à chercher fréquemment de nouvelles terres et à vivre de façon semi-nomade. Ils élevaient aussi des lamas, mais malgré un embryon d’agriculture et d’élevage, ils dépendaient encore fortement de la chasse et de la cueillette pour leur survie. Leurs maisons amples, mais forts sommaires, étaient construites en chaume et en terre sans fenêtre, meublée de quelques pierres en guise de sièges et de peaux de bête en guise de lits. Elles abritaient le père de famille, ses diverses épouses et leur progéniture. C’est aux femmes que revenait le travail de la terre, ainsi que le travail de la laine, tandis que les hommes chassaient et pratiquaient des jeux belliqueux.

Les Mapuches croyaient en une divinité supérieure et aussi en une infinité « d’esprits » dont ils tentaient de s’allier la protection à travers des pratiques animistes dirigées par la sorcière du clan. La mort représentait pour eux un simple passage vers une autre vie, ressemblant fort à la vie terrestre, et où les valeureux combattants étaient récompensés.

S’il est bien vrai que les Mapuches possédaient une civilisation rudimentaire, ils n’en forcèrent pas moins l’admiration des conquérants, car c’était un peuple fier et guerrier, jaloux de son indépendance, qui fut le seul à se défendre farouchement contre les invasions inca puis espagnoles.

Peu de temps avant l’arrivée des Espagols, Tupac Yupanqui, puis son fils Huayna Capac, étendirent l’empire inca jusqu’au centre du Chili. Ils rencontrèrent peu de résistance au nord du pays, car les populations d’origine étant déjà organisées en sociétés hiérarchisées, elles acceptèrent relativement facilement la tutelle inca. Il en fut bien autrement des Mapuches qui opposèrent une résistance acharnée et qui eurent finalement gain de cause : la frontière fut fixée au fleuve Maipo, dans la région centrale. Les Incas n’eurent pas le temps de faire grande œuvre colonisatrice et leur influence reste peu notable au Chili.

(1) Chef de certaines tribus indiennes d’Amérique
(2) Chez les anciens Auraucans, chef de l’état en temps de guerre

 


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