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La Colonie
lundi 4 décembre 2006
par toutsurlechili
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On nomme ainsi la longue période s’étendant entre le xviie siècle et l’Indépendance. Le Chili, qui faisait partie du vaste empire d’Autriche, puis, dès 1700, de la maison des Bourbons, dépendait juridiquement et administrativement de l’Espagne. Pour gouverner l’Amérique, la monarchie espagnole mit en place deux grandes vice-royautés, celle du Mexique et celle du Pérou, qui veillaient sur de vastes territoires et avaient un droit de regard sur les régions voisines. Le Chili se voyait donc sous la double tutelle de l’Espagne et du Pérou. A la tête du pays se trouvait le gouverneur, qui était aussi le chef des armées et président de l’Audience royale, c’est-à-dire de la cour suprême. Il y avait également, dans chaque ville, un maire et un conseil municipal, nommés parmi les notables, qui s’occupaient de l’administration locale et de l’exercice de la justice dans les affaires de peu d’importance. Ces conseils municipaux étaient habilités à s’adresser directement au roi d’Espagne s’ils le jugeaient nécessaire. Ainsi une forme de contrôle s’exerçait-elle par la mutuelle surveillance des autorités chiliennes entre elles.

Dans un premier temps, le principal souci de ses autorités fut la lutte contre les Araucans. Mais, petit à petit, les affrontements se firent moins virulents et plus sporadiques. La perte de bellicisme des Araucans s’explique, en grande partie par la diminution drastique de leur population. La guerre incessante, l’esclavage auquel ils étaient soumis, les maladies contractées au contact des Européens, ainsi que le déplacement forcé vers des territoires amoindris et dont ils tiraient difficilement leur subsistance, les affaiblirent de manière considérable. Les derniers grands soulèvements que l’on retient eurent lieu en 1723 et 1766.

L’économie chilienne de cette époque fut d’abord basée sur la petite activité minière, puis se développèrent l’élevage et la culture de céréales. L’agriculture subvenait aux besoins de la population locale et approvisionnaient aussi le vice-royaume du Pérou. La production d’or, mais surtout de l’argent, prenait aussi le chemin du Pérou et finalement de l’Espagne. En échange le Chili recevait des produits manufacturés en provenance de la péninsule (armes, meubles, tissus, papier, etc.), ainsi que des produits exotiques comme le sucre, le tabac, le cacao.

L’économie chilienne n’était pas florissante et tint un rôle périphérique, en marge de l’économie péruvienne. Pour la monarchie espagnole, le Chili représentait une lourde charge. Le profit retiré sur place couvrait difficilement les besoins du pays et n(était pas suffisant pour maintenir un système défensif important contre les Araucans.

Le monopole commercial très rigide que l’Espagne entendait faire peser sur ses colonies subit divers accrocs. Tout le trafic entre les deux continents se faisait par voie maritime. Très tôt corsaires et pirates, les premiers mandatés par leur gouvernement, les seconds agissant pour leur propre compte, ouvrirent des brèches dans cette hégémonie ibérique. La plupart de ces aventuriers des mers étaient anglais, hollandais ou français. La contrebande fut aussi extrêmement active en Amérique, en particulier avec la France et l’Angleterre.

La société coloniale chilienne reflétait le schéma primitif d’une population indigène soumise aux conquérants espagnols, détenteurs du pouvoir et de richesse. Elle était fortement polarisée en trois groupes. Le secteur social dominant, unique acteur de la vie politique, était formé des « créoles » ; descendant dans leur majorité des premiers conquistadores, ainsi que des Espagnols dont le petit groupe se renouvelait constamment avec l’arrivée de nouveaux militaires, fonctionnaires ou commerçants. Le secteur intermédiaire était formé par des familles dont les ancêtres avaient joué un rôle mineur pendant la conquête, par des militaires peu gradés, par de petits commerçants, par des propriétaires d’haciendas (Habitation accompagnée d’une exploitation rurale) modestes, par certains mineurs du nord, par des artisans réputés, des écrivains publics, etc. Ils étaient espagnols, « créoles et quelquefois même métis. Leur culture se limitait à savoir lire, écrire et compter. Bien sûr, le secteur le plus défavorisé était constitué par les Indiens, les Noirs amenés d’Afrique et groupe, beaucoup plus important en nombre, des métis. Ils formaient une main d’œuvre gratuite ou presque, utilisée par le secteur dominant et ne disposaient que de très peu de droits.

Il faut cependant souligner que, pendant cette longue période de la colonie, le métissage fut assez intense pour aboutir à un homogénéisation ethnique progressive.

Pendant l’époque coloniale, l’Eglise catholique, responsable de l’évangélisation, joua également un rôle fondamentale dans l’éducation et la culture. La religion était présente dans tous les actes de la vie et influençait non seulement la conduite individuelle, mais aussi les fonctions de l’Etat. Le Chili, de part sa situation géographique, resta isolé culturellement. Et, faute d’autres distractions, les fêtes religieuses, nombreuses, étaient scrupuleusement observées, agrémentées de processions colorées et de représentations animées.

 


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