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Allende, "El Chicho"
lundi 4 décembre 2006
par toutsurlechili
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A l’approche des élections de 1970, la polarisation droite-gauche est intense et le climat social très agité. L’alliance des partis de gauche, l’Unité Populaire, choisit de nouveau Salvador Allende comme candidat. L’Unité Populaire plaide pour des changements radicaux, elle propose une transformation profonde de la société, une « révolution », mais par des voies légales : expropriation des grands propriétaires terriens, nationalisation des banques, des compagnies d’assurance et de certaines grandes entreprises industrielles. Allende a pour adversaire Rodomiro Tomic, candidat démocrate-chrétien et Alessandi qui se présente à nouveau. Les résultats sont serrés : Tomic obtient 27,8 % des voies, Alessandi 34,9 % et Allende 36,3 %. Devant le manque de majorité absolue, c’est, selon la constitution, au congrès qu’il revient de confirmer l’élu à la présidence. Celui-ci adopte précipitamment plusieurs amendements constitutionnels visant à limiter le champ d’action du futur gouvernement et confirme Allende en tant que président de la République.

Salvador Allende (1908-1973) Le nouveau président du Chili, surmontant courageusement les nombreux obstacles qui se trouvent sur son chemin, se met immédiatement en devoir d’appliquer le programme de l’Unité Populaire. Il entreprend une politique ferme et décidée. Très vite, les premiers résultats sont là : deux millions d’hectares de terres redistribuées, croissance de la production industrielle, diminution sensible du chômage, amélioration notable dans le domaine du logement, meilleure répartition de la richesse nationale en faveur des couches défavorisées.

Mais l’augmentation importante de la consommation populaire, jointe à une diminution sensible de la production agricole et au fait que les entreprises privées, au lieu d’investir, décident de vivre sur leur stock, amènent de sérieux problèmes de ravitaillement et de distribution.

En outre, les Etats-Unis, qui voient d’un mauvais œil les relations étroites entre la Havane et Santiago et, plus encore, l’expropriation des grandes compagnies américaines du cuivre, organisent un « blocus invisible », vis-à-vis du Chili. Entre autres mesures, tous les crédits sont coupés au Chili, à l’exception de ceux accordés à l’armée chilienne qui, eux, augmentent. Ces mesures sont renforcées, pour les jeunes officiers chiliens, par des stages de formation aux USA.

Aux difficultés d’approvisionnement s’ajoutent bientôt l’inflation galopante et les grèves, celle des camionneurs étant la plus importante et la plus paralysant pour le pays étant donné la configuration du Chili.

De jour en jour, la désorganisation économique s’aggrave. Les tensions s’accentuent. Grèves et manifestations de droite se succèdent. Occupations de terres et d’usines se multiplient. Allende cherche des solutions politiques, mais ni l’extrême-gauche qui pense que l’avènement du socialisme n’est possible que par la révolution armée, ni la droite pour qui l’arrêt du processus en cours doit passer par un coup de force, ne lui laisse beaucoup de marges pour trouver des solutions pacifiques à la crise. S’efforçant de préserver l’unité du pays, Allende va confié le ministère de l’Intérieur au chef des armées, le légaliste intransigeant Carlos Prats.

C’est pendant un moment de répit que ce sont organisées les élections législatives de mars 1973 où, prouvant clairement que le soutient populaire pour Allende s’est accru depuis 1970, l’Unité Populaire obtient 44 % des voies, au grand dam de la droite. Il semble que ce soit juste après ces élections que fut prise la décision d’une intervention militaire.

La pression s’intensifie : il y a un putsch manqué, maté par Prats, lui-même, en juin 1973. Des unités de l’armée fouillent régulièrement usines et bidonvilles à la recherche d’armes pour prévenir, disent-ils, une insurrection communiste. En juillet, nouvelles grèves des professions libérales, des commerçants, des camionneurs (on découvrira plus tard qu’elles furent encouragées et largement financées par les Etats-Unis) : c’est le chaos économique. Prats est tenu de démissionner. Il sera remplacé par Augusto Pinochet que Prats et Allende croient loyal à la constitution.

Allende cherche désespérément une solution politique. Il prévoit de parler aux Chiliens le 11 septembre pour leur annoncer, entre autres, une plébiscite portant sur certaines questions économiques et la convocations de nouvelles élections.

 


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